INTRODUCTION DÉFINITION ORIGINE NEURO-DÉVELOPPEMENTALE ORIGINE GÉNÉTIQUE PROTÉINE CYCLE DE LA DOPAMINE NEUROTRANSMETTEURS - Système dopaminergique MÉDICAMENTS - Neuroleptiques (clozaril, risperdal, seroquel) IMAGERIE MÉDICALE - Imagerie de la structure du cerveau: Tomodensitométrie, CT Scan Imagerie par résonance magnétique, IRM - Imagerie du cerveau en fonction: Tomographie à positons, TEP Tomoscintigraphie, SPECT - Spectroscopie par résonance magnétique nucléaire, SRMN Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, IRMF Magnéto encéphalographie, MEG IMAGERIE STRUCTURALE, IMAGERIE FONCTIONNELLE, NEUROTRANSMETTEURS ET MÉDICAMENTS DIMENSIONS CLINIQUES CONCLUSION GLOSSAIRE RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES RÉSUMÉ La schizophrénie, vue du côté physique de la maladie, est ici définie pour aider la personne atteinte de cette maladie à comprendre les mécanismes à l'intérieur de son cerveau qui sont reponsables de ses émotions, de son agressivité. L'étude de diverses structures du cerveau en action, la connaissance de la relation entre la biochimie des neurotransmetteurs et ses répercussions directes sur la pensée ont pour fin de représenter la maladie d'une façon tangible (qu'on peut constater) et de ce fait de diminuer la culpabilité de la personne. Les explications du coté physique de la maladie permettent de mettre en images le mode de fonction de la schizophrénie et de compendre ses répercussions psychiques. Enfin la personne atteinte de cette pathologie pourra réaliser que son comportement agressif (s'il y a lieu), son manque de jugement et autres symptômes psychiques ne dépendent pas de sa volonté mais en gros d'un excès de neurotransmetteurs, la dopamine entre autres. Le coté physique avec ses répercussions tant psychiques que sociales est souligné par une brève définition du tube neuronal, des neurotransmetteurs, de l'imagerie médicale cérébrale et des médicaments. Cet écrit étudie le processus qui met en liaison les neurones entre eux à l'aide de substance chimique existant dans le cerveau: les neurotransmetteurs. Le circuit de la dopamine à travers les synapses, les récepteurs, est indispensable à la pensée, au jugement et autres fonctions cognitives. L'imagerie médicale est montrée tant sous son aspect de la structure que sous son aspect de la fonction. L'imagerie de la structure expose la manière dont les parties du cerveau peuvent être vues sur tout les plans tant verticaux, qu'horizontaux, en mince coupe et en 3 dimensions. On y voit les changements de la structure du cerveau de la personne atteinte de schizophrénie d'avec les images de cerveau témoin. L'imagerie de la fonction étudie les changements dans la circulation sanguine, le rétrécissement de certaines parties du cerveau, soit en fonction (test cognitif), soit au repos (sans activité spéciale). Elle démontre aussi l'effet des médicaments et son action sur ces mêmes phénomènes. L'origine probable de la schizophrénie, le circuit de la dopamine, l'imagerie médicale, la médication, apporte la preuve que les problèmes psychologiques et sociaux de la personne atteinte de schizophrénie est relié directement à ces facteurs. La schizophrénie est une maladie du système nerveux central touchant les récepteurs des neurones, la biochmie des neurotransmetteurs, l'anatomie des ventricules et la maturation du tube neuronal. Elle atteint par extension le fonctionnement physiologique du cerveau. Le dysfonctionnement des récepteurs, le défaut de synthèse de la dopamine, et la mauvaise transmission des neurotransmetteurs sont quelques-unes des causes de la schizophrénie. La schizophrénie se manifeste à la fin de la maturation du cerveau et exprime un déficit de développement du système nerveux central. À partir de l'embryon, le tube neuronal va donner la totalité du système nerveux central et le renflement de son extrémité donnera le cerveau qui sera arrivé à maturité avant l'âge adulte. Puisque les troubles schizophréniques débutent à l'adolescence, les systèmes cérébraux impliqués dans la schizophrénie ne sont pas matures jusqu'à cette période. Le cortex pré-frontal, dorso-latéral région maturant au cours de la puberté, est impliqué dans des fonctions cognitives se mettant en place durant l'adolescence. Les études des familles montrent l'existence d'une concentration familiale de la schizophrénie. Quatre localisations de gènes de la schizophrénie sur l'ensemble de la carte génétique ont été établies sur les chromosomes 6p, 22q, 8p et 3p. Il est donc peu probable qu'un gène majeur explique la majorité des cas de schizophrénie. Les familles dont un membre est schizophrène ont un risque plus élevé d'être atteintes à la fois d'un large éventail de troubles psychotiques et de certains troubles de la personnalité. On peut voir des protéines si en se touchant le coin de l'oeil on étire un long filament mince, étroit transparent d'environ 1 pouce (± 2,5 cm). Ce miniscule fil sortant de l'oeil est une protéine. En comparaison, dans un mot, chaque lettre pourrait être comparée à un acide aminé different et chaque mot serait une protéine différente. La plupart des protéines sont absorbées sous forme d'acides aminés. Environ la moitié des acides aminés ainsi absorbés sont présents dans les aliments, tandis que l'autre moitié provient des protéines des sucs digestifs et des cellules mortes qui se détachent de la surface de la muqueuse. Toutes les phases chimiques et mécaniques de la digestion, depuis la bouche jusqu'à l'intestin grêle, servent à transformer la nourriture en composés capables de pénétrer dans les vaisseaux sanguins. Ces acides aminés sont modifiés et se rendent au cerveau comme amines. Les amines présents dans l'encéphale sont la noradrénaline, l'adrénaline, la dopamine, la sérotonine et l'histamine. Le cerveau contient environ 50 substances qui sont reconnues comme neurotransmetteurs ou pourraient l'être. Le tableau suivant en présente certains.
Le système nerveux central est fait d'une infinité de circuits, il rassemble quelques milliards de neurones connectés les uns aux autres par plusieurs centaines de neurotransmetteurs. Réussir à isoler la dopamine dans ces circuits et parmi tous les autres neurotransmetteurs constitue le support des principaux progrès dans le traitement de la schizophrénie. Dans le liquide céphalo-rachidien on peut doser la dopamine présente dans le cerveau. Cette dopamine permet de moduler le fonctionnement du cerveau. Les traitements efficaces de la schizophrénie consistent à bloquer les récepteurs de la dopamine. Ces médicaments, les anti-dopaminergiques, aussi appelés anti-psychotiques, arrêtent l'hyperactivité de la dopamine. Il y a d'autres facteurs de transmission que la dopamine: il s'agit de neurotransmetteurs tels que le glutamate (sel), le glucose (sucre), la sérotonine, etc. Comme la dopamine, ils sont présents au niveau de nombreuses structures nerveuses comme le noyau caudé, le putamen, le globus palidus et la substance noire (voir illustration ci-dessous). La dopamine joue le rôle de médiateur; elle sert d'intermédiaire, de conduction nerveuse et transmet le message d'un neurone à l'autre. La dopamine intervient dans les réaction émotives.
Système dopaminergique: Le système dopaminergique est un système de neurones contenant de la dopamine. Il y a 5 systèmes dopaminergiques connus: 1- Le système rétinien: cellules dopaminergiques présentes dans la rétine. 2- Le système infundibulo-tubérien: ce système appartenant à l'hypothalamus contrôle certaines sécrétions hormonales. 3- Le système méso-cortical du mésencéphale envoie des axones au cortex frontal. 4- Le système méso-limbique joue un rôle important dans le contrôle de la vie émotionnelle et son fonctionnement est perturbé au cours de certaines psychoses. 5- Le système nigro-strié est impliqué dans le contrôle du mouvement. L'existence d'autres systèmes dopaminergiques dans le système nerveux est probable. Il existe d'autres neurotransmetteurs aminés en activité dans le cerveau: sérotonine, acétylcholine, adrénaline, noradrénaline, histamine, etc. (voir tableau précedent de Neurotransmetteurs et neuromodulateurs connus et probable). Neuroleptiques: Les neuroleptiques, aussi appelés anti-psychotiques, tranquillisants majeurs, psychotropes, anti-dopaminergiques, sont des antagonistes qui s'opposent entre autres aux récepteurs D2 de la dopamine 2 et D1 de la dopamine 1. Dans la transmission d'un autre neurotransmetteur, le glutamate, qui est un excitateur du système nerveux central, on observe des diminutions de concentration de ce même glutamate dans le cortex pré-frontal et l'hippocampe de personnes schizophrènes. D'autres systèmes plus clairement en cause sont les systèmes méso-limbique et méso-cortical. L'hyperactivité de ces systèmes pourrait expliquer les manifestations productives de la schizophrénie, en relation avec une stimulation excessive des récepteurs D2, D4 et D1. L'effet des neuroleptiques sur le comportement provient donc de leur faculté de diminuer ou d'augmenter la connexion entre les neurones et, par conséquent, de modifier la transmission chimique entre neurones.
Voici quelques neuroleptiques approuvés au Canada: Clozaril (clozapine) Le clozaril se lie au récepteurs de la dopamine. La clozapine exerce une puissante activité anticholinergique, adrenolytique, anti-histaminique et anti-sérotoninergique. La clozapine a un profil de liaison aux récepteurs de la dopamine et a des effets sur divers comportements influencés par la dopamine. Elle améliore les symptômes tant productifs (positifs) que déficitaires (négatifs). Ce médicament bloque les récepteurs postsynaptiques, arrêtant ainsi efficacement la transmission de la dopamine. Risperdal (risperidone) La rispéridone se fixe sur les récepteurs de la sérotonine et de la dopamine D2. De plus, elle se fixe avec une forte affinité sur les récepteurs de la sérotonine 2 (5HT2) et de la dopamine D2. Elle bloque donc les récepteurs de la sérotonine de type 2 (5HT2) et de la dopamine. Des essais cliniques contrôlés ont démontré que Risperdal améliorait à la fois les symptômes positifs et les symptômes negatifs de la schizophrénie. Seroquel (quitiapine) Le seroquel est un neuroleptique qui agit sur plusieurs récepteurs dans le cerveau: la sérotonine, la dopamine D1 et D2. Le seroquel est plutôt efficace à court terme (6 semaines). Il existe d'autres médicaments ayant un effet sur les récepteurs de la dopamine, de la sérotonine et d'autres neurotransmetteurs: En résumé, certaines maladies comme la schizophrénie résultent d'une augmentation de la communication entre les neurones cérébraux causée par la suractivité du composé chimique appelé dopamine. Ce dernier perturbe les processus mentaux et, par ricochet, les comportements. La dopamine se lie aux récepteurs des neurones, et s'il y a trop de dopamine pour quelques raisons que ce soit, les troubles psychotiques apparaissent. Les neuroleptiques (médicaments) réduisent la transmission des signaux nerveux en se liant à ces récepteurs. Ils insensibilisent les neurones à la dopamine et font disparaître les symptômes causés par la trop grande quantité de dopamine au cerveau. Si les symptômes disparaissent, le sujet traité ne doit pas interrompre sa médication, car c'est l'action des médicaments qui permet de contrôler les symptômes. L'imagerie médicale comprend la microscopie, l'endoscopie et la radiologie. L'image peut être analysée (numérisée) et traitée par ordinateur, imprimée sur un film ou projetée sur un écran, enregistrée en vidéo, ou transmise directement à distance. La radiologie, au sens strict, utilise soit le rayon X sur écran (radioscopie), en coupe (tomographie), ou avec traitement par ordinateur (scanner) ou le rayon gamma radioactif (scintigraphie). Au sens large s'y ajoutent les ultrasons (échographie) et les champs magnétiques (IRM). L'apparition de l'imagerie cérébrale fonctionnelle au cours des années 80 a ouvert la voie à de nouvelles descriptions neurofonctionnelles des activités psychiques. Ces techniques, en quelque sorte des photos prises du cerveau en fonction, c'est-à-dire au moment même où la personne pense, calcule, planifie ou exécute certains tests, sont reproduites en images. Ces méthodes d'activation cérébrale comme la planification, la programmation d'une action, reposent sur l'activité des régions du lobe frontal et du lobe pariétal. Il existe des liens entre certains symptômes et certaines régions cérébrales, étudiées par l'imagerie structurale (l'image “de coupe” de l'anatomie du cerveau). Imagerie de la structure du cerveau Les techniques d'imagerie de la structure cérébrale sont des méthodes d'examen médical qui aboutissent à la création d'images. Par exemple, la tomodensitométrie est un procédé d'imagerie médicale qui permet d'obtenir des vues d'un organe selon des plans de coupe déterminés à l'aide d'un scanner numérisant l'image. Quant à l'imagerie par résonance magnétique ou résonance magnétique (IRM), elle permet d'observer la structure anatomique des organes analysés avec plus de détails que le scanner. Ces techniques illustrent la structure et l'anatomie du cerveau. La tomodensitométrie (CT SCAN) et la résonance magnétique nucléaire (IRM) sont des moyens précieux pour le diagnostic différentiel des pathologies organiques cérébrales se révélant par des symptômes psychiatriques. Ces méthodes sont également appliquées depuis une quinzaine d'années à la recherche de modifications discrètes de l'anatomie cérébrale macroscopique au cours des psychoses schizophréniques. L'imagerie de la structure cérébrale a révélé des altérations anatomiques dans une proportion significative de patients, altérations interprétées comme l'indice d'une modification de la maturation cérébrale et en lien avec la physiopathologie des troubles. Des élargissements ventriculaires ont été traduits en images chez de nombreux schizophrènes par CT SCAN. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) montre que la structure cérébrale de certains schizophrènes diffère de celle de personnes non atteintes. Environ un tiers des patients présentent des ventricules (petits espaces dans le cerveau par lesquels le liquide cephalo-rachidien circule) hypertrophiés (augmentation du volume) Imagerie du cerveau en fonction La recherche et la mise en évidence de modifications du fonctionnement cérébral régional reposent sur l'application de techniques complémentaires d'imagerie cérébrale fonctionnelle. Ces images montrent aussi la présence d'éléments chimiques: la dopamine, le glucose, l'oxygène, etc. Ces techniques sont: 1- Tomographie à positons (TEP) 2- Tomoscintigraphie (SPECT) 3- Spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (SRMN) 4- Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) 5- Magnéto-encéphalographie (MEG) L'imagerie fonctionnelle permet de mieux étudier et de comprendre les 3 groupes de symptômes de la schizophrénie: i) troubles du langage ii) troubles des fonctions cognitives iii) troubles de l'affectivité. 1 Tomographie à positons - TEP On appelle tomographie tout procédé d'imagerie médicale qui permet d'obtenir des vues d'un organe selon des plans de coupe déterminés. La tomographie par émissions (de positons) est une technique d'imagerie médicale consistant à injecter une substance radioactive, émettrice surtout de positons, à recueillir les rayonnements par un capteur externe et à reconstruire par ordinateur une image en coupe de l'organe. La tomographie par émission de positons (TEP) permet de mesurer la consommation de sucre (glucose) ou d'oxygène et aussi de mesurer la circulation sanguine dans chacune des régions du cerveau de la personne examinée. La TEP illustre la pensée. Cette tomographie par émission de positons (TEP) permet une étude fonctionnelle aussi bien physiologique que biochimique du cerveau d'une personne vivante. On “voit” directement la consommation de glucose et donc le nombre de récepteurs de la dopamine actifs dans les structures du cerveau. La TEP permet de voir les endroits ou les molécules marquées à l'O2, comme les récepteurs et les neurotransmetteurs, se trouvent dans le cerveau. 2 Tomoscintigraphie SPECT La scintigraphie est un procédé qui consiste à administrer une substance radioactive, puis à repérer, grâce à un détecteur, les rayons gamma qu'elle émet vers l'extérieur. La gammagraphie est une méthode de diagnostic qui permet de déceler les états pathologiques de certains organes en appliquant le principe des molécules marquées. En pratique courante, on utilise le terme scintigraphie. La gammagraphie est plus précise comme image que le rayon X. La SPECT (Single Photon Emission Computerized Tomography) (en francais tomographie par émission de photons ou de gammas) est une méthode médicale de diagnostic consistant à introduire dans l'organisme un traceur radioactif et à étudier, avec un détecteur à scintillation (fluctuation rapide de l'intensité, de la vitesse, de la fréquence), la répartition de la radioactivité suivant une coupe de l'organe étudié. La tomographie par émission de simple photons (SPECT) permet de mesurer le débit sanguin régional et de voir les sites récepteurs ou les transporteurs de la dopamine, de la sérotonine et d'autres neurotransmetteurs.
3. Spectroscopie par résonance magnétique nucléaire - SRMN Le spectrographe est un appareil servant à enregistrer les spectres (spectro: image) lumineux sur une plaque photographique. La spectroscopie est l'ensemble des méthodes et des techniques d'étude des rayonnements émis par une substance. La SRMN permet la mesure d'éléments chimiques présents en grande quantité dans le cerveau. 4. L'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle - IRMF L'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle permet de voir les variations des vaisseaux sanguins du cerveau, et de mesurer le débit, le volume et l'oxygénation durant une activité mentale de la personne. Chez certains schizophrènes on constate une réduction du débit sanguin aux lobes frontaux, ainsi qu'une réduction de l'utilisation du glucose dans la même région. L'IRMF a permis d'observer que les régions impliquées dans l'intégration des émotions sont proches de celles impliquées dans les fonctions cognitives et qu'il existe des relations étroites et inverses entre ces régions: une charge affective trop intense perturberait le fonctionnement des régions intervenant dans le contrôle des fonctions cognitives. Enfin, il a été possible d'observer des régions activées au moment même où des hallucinations survenaient.
5. Electro et magnéto encéphalo-graphie - MEG L'électromagnétisme est une partie de la physique qui étudie les relations entre électricité et magnétisme. L'électro et magnéto-encéphalographie (MEG) permet l'enregistrement des activités biochimiques et électriques du cerveau, celui-ci étant le siège de ces activités. Ces technologies (TEP, SPECT, SRMN, IRMF, MEG) permettent de rechercher la manière dont les maladies mentales les plus graves (schizophrénie, syndrome dépressif endogène, autisme) s'incarnent dans des modifications du fonctionnement cérébral. Les images indiquent que des modifications du fonctionnement régional cérébral existent au cours des états psychotiques. Les hypothèses suivantes ont été avancées quant aux régions cérébrales impliquées dans les psychoses schizophréniques: Les techniques d'imagerie fonctionnelle peuvent également fournir des informations sur les interactions des psychotropes avec certains systèmes de neurotransmission.
La tomographie à positons (TEP) permet des mesures au niveau des récepteurs de certains neurotransmetteurs, en particulier ceux de la dopamine, qui sont impliqués dans les états schizophréniques. L'évaluation in vivo du comportement des psychotropes dans le système nerveux central est un autre domaine d'application des techniques d'imagerie fonctionnelle. Dans le domaine de la médication des schizophrènes, les récepteurs dopaminergiques D2 ont été considérés comme le site de l'effet anti-psychotique des neuroleptiques. Il y a une nette corrélation entre l'affinité des neuroleptiques pour ces récepteurs et leur pouvoir anti-psychotique. Une relation est établie entre la dose orale et l'occupation des récepteurs D2. Les caractéristiques de la relation entre la dose de neuroleptiques administrée et l'occupation des récepteurs D2 montrent qu'à faibles doses de petites variations de posologie induisent d'importantes variations de l'occupation des récepteurs. Les neuroleptiques (comme le rispéridone, la clozapine, l'olanzapine et la quetapine actuellement vendu au Canada) sont les seuls médicaments ayant fait la preuve d'une efficacité thérapeutique dans la schizophrénie. L'effet anti-psychotique est secondaire à la diminution de la transmission de la dopamine déclenchée par les neuroleptiques. Les neuroleptiques interagissent aussi avec les récepteurs de la sérotonine et d'autres neurotransmetteurs. Pour tester l'hypothèse selon laquelle la schizophrénie comporte plusieurs dimensions cliniques, on observe des symptômes se regroupant en 3 syndromes. 1Le syndrome de “distorsion de la réalité”: le comportement, les délires et les hallucinations sont en rapport avec un dysfonctionnement temporal. 2Le “syndrome de désorganisation”: les troubles de la pensée et les affects inappropriés sont associés à une altération du contrôle de l'action et à un dysfonctionnement orbito-frontal. 3Le “syndrome de “l'appauvrissement psychomoteur”: la réduction du discours et des mouvements spontanés, et l'émoussement des émotions, sont associés à une altération dans l'initiation de l'action et à un dysfonctionnement préfrontal gauche. On observe chez les schizophrènes présentant une activité hallucinatoire acoustico-visuelle en tomoscintigraphie pendant une exacerbation aiguë des troubles, puis lors d'une phase de rémission, que le débit sanguin est plus élevé dans la région frontale gauche inférieure. Cette région est également activée lors de la production du discours intérieur. L'imagerie cérébrale, tant structurale que fonctionnelle, apporte à la psychiatrie des moyens de recherche objectifs dans les domaines des maladies physiques graves et chroniques du cerveau. Elle permet également l'évaluation des mécanismes d'action des médicaments psychotropes. Le présent document apporte des informations concrètes sur la structure et le fonctionnement du cerveau de la personne atteinte de schizophrénie. Par exemple, on peut constater l'effet de l'excès de dopamine sur les comportements agressifs de même que la réponse des médicaments en tant que barrage au niveau des récepteurs et la dimunition de l'agressivité qui s'ensuit. Ce blocage par la médication, capable d'arrêter le flot de la dopamine dans les cas de schizophénie, est en opposition avec l'effet contraire: le manque de dopamine dans la maladie de Parkinson. L'imagerie cérébrale permet de “voir” les systèmes du cerveau de la pensée normale et pathologique. La structure du cerveau de l'être humain et la construction de sa pensée ne font qu'un. La plupart des informations contenues dans ce document, surtout en ce qui a trait à tous les types d'imagerie cérébrale provient du livre “Le cerveau en action” de Stanislas Dehaene (Annexe 1). D'autres informations sont tirées d'extraits provenant de livres, revues et articles pris sur internet et traitant du sujet. S'ils ne sont pas cités dans cet ouvrage de vulgarisation c'est pour en alléger le texte. Théona Saint Laurent
1 Dehaene, S. (1997), Le cerveau en action, Presses Universitaires de France (puf) 2 Houdart, R. (1990), Le système nerveux de l'homme, Mercure de France. 3 Leblanc, G. (2005), La schizophrénie: nouveaux traitements nouveaux espoirs, la F.F.A.P.A.M.M. 4 Leboyer, M. et Giros, B. (2003), Fondation pour la recherche médicale, numéro 93, janvier. 5 Giros, B. (2003), Neurobiologie et psychiatrie, Fondation pour la recherche médicale. 6 Robert, J-M. (1984), Comprendre notre cerveau, Éditions du Seuil. 7 Association canadienne pour la santé mentale, Montréal, (2003), La maladie mentale, un guide régional destiné aux familles. 8 Association médicale canadienne, (1990), Le guide pratique des médicaments. 9 Association des pharmaciens du Canada, (2005), Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques. 10 Fondation des maladies mentales, (1990), La schizophrénie (www.fqmm.qc.ca) 11 Fondation pour la recherche medicale, (2002), La schizophrénie (www.frm.org) 12 Fondation pour la recherche medicale, (2003), La schizophrénie, troubles maniaco-dépressifs (www.frm.org) 13 Societé canadienne de schizophrénie, (2003), Apprendre à connaître la schizophrénie. 14 Societé québecoise de la schizophrénie, (2004), Qu'est-ce que la schizophrénie? (www.schizophrenie.qc.ca) 15 Mendlewicz, J. et Costentin, J. (1992), Acquisitions en psychiatrie biologique, Masson. 16 Scotto, J.C. (1997), Les schizophrénies aspects actuels, Flamarion. 17 Bougerol, T. (1997), Médecine-Science, Flamarion. 18 Parent, J.-C. (1994), Principes d'anatomie et de physiologie, Centre éducatif et cultural (CEC). Quand la schizophrénie habite le cerveau humain, elle s'installe pour toujours. Elle infiltre les moindres neurones, s'établit dans les structures anatomiques, se répand dans la chimie des transmetteurs, harcèle la personne, la dévaste, la détruit. Il s'ensuit une série de transformations de tout son être. La schizophrénie gère les humeurs, commande les attitudes, anéantit les espoirs, accapare la pensée et fige les émotions. le désarroi est indicible. La personne ne se reconnaît plus et agit sous l'influence d'excès de dopamine. L'entourage est en état de choc, étonné et impuissant. Ensuite, la raison en éveil sollicite toutes les connaissances anciennes et nouvelles pour chercher a comprendre, expliquer et, si possible, tenter de normaliser la situation. Les traitements redonnent espoir à la personne atteinte et à sa famille. La vulgarisation du livre "Le cerveau en action" de S. Dehaene fournit des pistes pour saisir les fils conducteurs menant à la compréhension de la nature physique de la maladie. |
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